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                                                                                            stoul
  

Peintre « sse » dans l’âme depuis son plus jeune âge, Stoul offre une peinture délibérément féminine et joyeuse, à l’esthétique précieuse et populaire à la fois.
Précieuse, en ce qu’en chacune des toiles composant ses séries se révèle un souci de l’ornementation, dans une dimension décorative délibérée. Ici, des motifs floraux tapissant le fond, là des incrustations de pierres, de boutons dorés. Un foisonnement dans l’esprit et l’élégance d’un certain « art nouveau », dans un style toutefois sans nostalgie.
Populaire, sans péjoration, car l’art de Stoul parle sans intermédiaire à la sensibilité, par les formes et les couleurs, par l’ambiance pop’ d’un quotidien moderne et immédiatement suggestif, revu et corrigé avec énergie, dans laquelle on se plonge avec une sorte de  plaisir enfantin.

Nourrie de cultures alternatives, enfant des médias émergents, elle a su, depuis ses premiers travaux, en mixer avec talent les codes esthétiques pour les reformuler dans un langage très personnel. Couleurs franches, stylisation des personnages, graphisme précis, contextes empruntés à l’imagerie de consommation...
Dans ses créations se font écho différents courants artistiques à la fois identifiables et mêlés : le Pop, parfois, et notamment dans ses créations graphiques, l’Art Nouveau, pour le goût de la stylisation et des motifs floraux, pour l’attention à la fluidité de la ligne, le Graffiti, pour son sens de la couleur et de la calligraphie... Mais ce sont là des références modernes bien intégrées plus que des modèles dont Stoul sait s’émanciper pour définir son univers.
Car plus que toute autre référence, son inspiration est résolument tournée vers la culture nipponne, et sa sensibilité marquée par l’esthétique manga. Des premiers dessins d’Osamu Tezuka dans les années 50 à Takeshi Murakami ou Junko Mizuno, pour qui l’artiste conçoit une grande admiration, le manga est devenu un élément essentiel de la culture japonaise. Investissant le champ de l’art contemporain, il croise tradition ancestrale et modernité extrême, et renvoie à la dualité de la culture japonaise, entre spiritualité et productivité, rites et technologies, mesure et démesure. Souvent il puise dans le monde édulcoré de l’enfance, comme pour adoucir la rigueur de la vie publique japonaise.
Au delà du langage esthétique et formel, les « Melbiens » de Stoul, oursons aussi rassurants qu’à l’inquiétant sourire, procèdent du même attachement, de la même nostalgie de l’univers onirique de l’enfance, entre innocence et mal-être, pour mieux s’en libérer.
 
Cependant, ni  « fashion-victims » , ni simples gravures de mode, les personnages mi-femme mi-chat de Stoul s’affirment dans une féminité exacerbée. Libres et libérées, elles s’approprient leurs corps et ses parures comme autant d’arguments pour être sujet, et non plus simple objet de désir et de séduction. Elles semblent évoluer dans un univers de conte de fée pop et glamour dont elles se seraient choisies héroïnes. D’une beauté plus irréelle qu’idéale, conquérantes et déterminées, ces « ladies » sont sans doute moins frivoles qu’il n’y parait...En ce sens, les œuvres de Stoul ne sauraient se limiter à une expression purement visuelle et décorative. Certes, l’artiste porte un soin tout particulier aux vêtements dont elle habille ses poupées et au cadre dans lequel elle les met en scène. Mais bien que faisant de la mode, de ses tendances et de ses styles, un élément essentiel de sa recherche artistique, Stoul entend créer des œuvres qui puissent s’affranchir de la dimension éphémère et superficielle d’une beauté factuelle. Autrement dit, nues ou habillées, toutes ses princesses « vintage » nous disent quelque chose de la condition féminine.Son sens de la rigueur dans la composition, sa maîtrise d’exécution qui ne laisse ni ne doit rien au hasard ne masquent pas l’énergie et la vitalité se dégageant des toiles de l’artiste. Derrière la profusion baroque et l’exubérance de son oeuvre se dévoile un état d’urgence : celui de peindre un monde coloré, vivant et vivace, dans lequel l’enfance n’est pas perdue et l’avenir resplendissant.